Historique

La présence d’une colonie russe dans le Sud-Ouest de la France ne date pas d’aujourd’hui : dès le 19e siècle, l’aristocratie russe découvre les bienfaits du climat doux qui a fait la réputation de la ville de Pau où fut construite une église orthodoxe en 1867, la troisième en France après Nice (1860) et Paris (1861). La Côte Basque n’est pas bien loin, et la présence de l’Empereur Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie dès 1854 va attirer les grandes personnalités de l’Europe dans les domaines de la politique, de l’économie, de la culture…  La présence russe à Biarritz prend vite un essor important, essentiellement entre septembre et novembre, la ‘saison russe’ !

Rien d’étonnant donc qu’on souhaite un lieu de culte pour cette colonie : cependant, en 1870, après la chute de Napoléon III, le nouveau gouvernement républicain va refuser l’autorisation d’une église russe à Biarritz. Ainsi, lorsque l’ancien palais impérial, la « Villa Eugénie », est vendue et transformée en hôtel, le « Palais Biarritz », on y installe provisoirement dans un des salons une chapelle orthodoxe qui sera consacrée le 11/09/1887 ; l’iconostase et les objets de culte proviennent de Saint Pétersbourg. Cette chapelle s’avère vite trop petite compte tenu du nombre important de fidèles ce qui incite la communauté à chercher rapidement une solution définitive. Il faudra attendre 1888 pour obtenir l’autorisation grâce à l’intervention du Tsar Alexandre III et au dévouement du Père Hérodion, fondateur et aumônier de cette paroisse et de celle de Pau. En 1889 l’acquisition d’un terrain en face de l’hôtel permet enfin de lancer la construction d’une église orthodoxe qui sera inaugurée le 25/09/1892 en présence de membres de la famille impériale russe et de hauts dignitaires.

Le prestige de Biarritz, le souvenir des temps heureux font que la colonie russe augmente considérablement suite à la Révolution d’Octobre de 1917, mais les émigrés, riches en souvenirs, manquent souvent de ressources. Quelques galas annuels de bienfaisance au profit de l’église permettent néanmoins jusque dans les années 30 de faire face aux frais d’entretien... ce qui s’avère bien plus difficile aujourd’hui. La restauration de 1984 a pu être effectuée grâce à des souscriptions et aux dons venus du monde entier (dont une contribution d’Alexandre Soljenitsine).

La paroisse est dans la juridiction du Patriarcat œcuménique de Constantinople, elle réunit des orthodoxes d’origines diverses : de Russie, d’Ukraine, de Serbie, de Roumanie etc, mais aussi de France. Elle est bien vivante : tous les ans, les fêtes paroissiales rassemblent de nombreux fidèles.